
L’hymne national algérien est considéré comme l’hymne national le plus engagé au monde. Son histoire commence plusieurs années avant sa composition , à une époque où la France pensait que la révolution n’était qu’une simple agitation qui pouvait être réprimée.
Mais l’Algérie n’était pas prête à s’arrêter.
À chaque opération commando et à chaque répression sanglante de la part de l’armée coloniale française, la colère du peuple algérien montait dans ce contexte explosif.
C’est ainsi qu’est né le texte qui allait devenir plus tard l’hymne national du pays. Ce texte n’a pas été écrit pour être chanté, mais pour guider. Alors que les nations choisissent généralement pour leur hymne national des paroles équilibrées et diplomatiques qui font référence à l’histoire sans confrontation, l’hymne algérien fait exactement le contraire. C’est un hymne qui met l’adversaire face à face, qui appelle les choses par leur nom, qui menace, qui juge et qui proclame une seule voie : le sacrifice pour la liberté. Mais avant de comprendre comment cet hymne est devenu le plus engagé au monde, nous devons revenir à son lieu de naissance, plus précisément en 1955, dans une cellule sombre à l’intérieur de la prison de Barbarousse à Alger, l’un des bastions les plus brutaux de la répression coloniale française.
En 1955 dans la prison de Barberousse où il était détenu, le poète Moufdi Zakaria
aurait écrit le texte avec son propre sang, comme acte de défi. Ses paroles sont directes, combatives et sans compromis. Elles sont conçues, non pour être chantées, mais pour guider sur le chemin de la liberté, chaque vers étant un témoignage de sacrifice et de résistance.
L’hymne national algérien s’ouvre par un serment solennel sur le sang versé, plongeant l’auditeur au cœur de la bataille dès les premières notes: “Nous avons pris la résolution de refaire vivre l’Algérie” et l’injonction “Soyez témoins”clamée trois fois à chaque strophe comme pacte public. Il légitime la lutte armée, les révolutionnaires étant “soldats de la justice” et « le crépitement des mitrailleuses leur chant favori, ayant juré de mourir pour que vive l’Algérie.
Le troisième couplet s’adresse directement à la France (“le jour du jugement approche”), faisant fi aux reproches et annonçant un règlement de comptes.
« Ô France ! Le temps des palabres est révolu. Nous l’avons clos comme on ferme un livre. Ô France ! Voici venu le jour où il te faut rendre des comptes. Prépare-toi ! Voici notre réponse. Le verdict, notre révolution le rendra. Car nous avons décidé que l’Algérie vivra. Soyez-en témoin ! »[
Depuis 1962, la France demande à retirer ce passage jugé hostile, l’Algérie refuse catégoriquement, faisant de l’hymne un enjeu mémorial pour lequel elle se bat jusqu’à aujourd’hui.
L’hymne national algérien est le serment fait par tous ceux qui croyaient en la liberté et en l’indépendance de leur pays. .

Écouter l’hymne national algérien(sous- titré en français) ici:
https://youtu.be/1CEvoHbS4RU?si=1PbJCYbWFtubo37I
Ahmed Miloud
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