
En plus de l’occupation des terres en chassant leurs propriétaires légitimes, la France tenta par tous les moyens d’évangéliser le peuple algérien. Elle fit venir deux figures de l’Église pour cette mission.
Il faut souligner que le rôle de l’assimilation religieuse du peuple algérien avait pour but la réussite de la colonisation, de l’exploitation économique des terres confisquées et , bien sûr, l’effacement de l’identité algérienne.
Mission de l’évêque Antoine-Adolphe Dupuch

22 août 1838 – 16 mars 1846
« Pour pouvoir rendre compte correctement de l’installation de l’Eglise en Algérie, et de sa tentative d’évangélisation des Algériens, il faut globalement distinguer trois périodes : la première de 1830 à 1845, qui est une période euphorique avec l’arrivée de plusieurs missions, la deuxième de 1845 à 1863 qui marque en fait une pause et qui a permis de stabiliser les différents mouvements, et la troisième la plus importante. Elle commença à partir de 1863 et eut pour acteur le cardinal Lavigerie elle-même devait durer jusqu’à la mort du cardinal en 1898.
Antoine Adolphe Dupuch, prêtre, reçut la bénédiction du pape Grégoire XVI et s’installa à Alger avec quatre prêtres auxiliaires. Les Lazaristes arrivent en 1835, puis ce sera le tour des Soeurs de Saint Joseph en juillet 1835, elles s’installent à Alger et Annaba. En mai 1841, Mgr Dupuch fait appel aux Soeurs de la Doctrine Chrétienne. Elles s’installèrent à Annaba, Constantine et Skikda. Mgr Dupuch voulait christianiser par toutes les méthodes possibles, notamment par la force et surtout par la corruption« .( P.Lesourd. L’œuvre civilisatrice des Pères Blancs. Edit.X. p.119. 1931).Antoine-Adolphe Dupuch, Archidiocèse d’Alger
22 août 1838 – 16 mars 1846
Antoine-Adolphe Dupuch, né à Bordeaux le 20 mai 1800 et mort le 11 juillet 1856, a été le premier évêque d’Alger de 1838 à 1846. Il a été nommé par le pape Grégoire XVI comme premier évêque d’Alger en 1838. Il est consacré le 28 octobre de la même année par l’archevêque de Bordeaux Ferdinand-François-Auguste Donnet avec comme co-consécrateurs l’évêque de Luçon René-François Soyer et l’évêque de Bayonne François Lacroix (eu). Il aura une activité importante pour développer l’Église en Algérie.Cardinal Lavigerie en 1888 en compagnie des Pères Blancs à Biskra(Algérie). Voir photo ci-dessous :


Mission du cardinal Lavigerie
Cardinal Lavigerie : « Il faut relever ce peuple, il faut cesser de le parquer dans son Coran, comme on l’a fait trop longtemps, par tous les moyens possibles, il faut lui inspirer, dans ses enfants du moins, d’autres sentiments, d’autres principes, il faut que la France lui donne, je me trompe, lui laisse donner l’Evangile, ou qu’elle le chasse dans les déserts, loin du monde civilisé… Hors de là , tout sera un palliatif insuffisant et impuissant « . (C. Lavigerie : Lettre pastorale du 6 avril 1868). »
Cette lettre pastorale fait écho à la Bulle Romanus Pontifex du pape Nicolas V du 8 Janvier 1455 dont extrait :
“… pour envahir, traquer, capturer, vaincre et subjuguer tous les Sarrasins, païens et autres ennemis du Christ où qu’ils soient et de réduire leurs personnes en esclavage perpétuel…”*
*

Autre source :
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Romanus_pontifex_(1455)
Main-basse sur le Trésor d Alger

Pour venger le coup d’éventail donné par le dey d’Alger au consul de France, la France occupa Alger, le 5 juillet 1830, et en chassa le dey… Cette vérité s’inscrit toujours sur les tableaux noirs et dans les livres scolaires. Et si cette conquête avait été menée dans le but de faire main basse sur les immenses trésors de la Régence d’Alger afin de constituer les fonds secrets de Charles X pour corrompre et retourner le corps électoral ? Difficile d’expliquer au bon peuple que les défenseurs de la Chrétienté, censés être venus à Alger punir les pirates barbaresques, s’étaient livrés à un pillage éhonté. Tout a donc été fait pour que ce scandale fût étouffé. Après une longue enquête, Pierre Péan a retrouvé les traces très embrouillées de l’or découvert dans les caves de la Kasbah, où étaient entassés pêle-mêle des monceaux de quadruples d’Espagne et du Portugal, des mocos, des piastres fortes d’Espagne, des boudjous d’Alger et d’autres monnaies : un butin chiffré à plus de 500 millions de francs de l’époque (l’équivalent de 4 milliards d’euros). Où sont passées ces sommes colossales ? Louis-Philippe, la duchesse de Berry, des militaires, des banquiers et des industriels, comme les Seillière et les Schneider, ont profité de cette manne. Le développement de la sidérurgie française doit ainsi beaucoup à l’or d’Alger… Dans cette chasse à la vérité, Pierre Péan fait revivre de grands aventuriers, donnant une place particulière à Jean-Baptiste Flandin, qui s’est battu pour dénoncer les pilleurs, ainsi qu’au maréchal de Bourmont, authentique maître d’œuvre de toute cette aventure.
Voir vidéo : De Lavigerie à Mohammadia
Ahmed Miloud
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